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Memory Test (Traitement)

noviembre 23, 2019

Début du jeu

La scène se passe dans une petite cuisine aux murs abîmés. Il y a une table console et deux chaises. On voit les mains d’une personne en hachant un oignon. La lumière est faible, d’une tonalité jaunâtre. Petit à petit la caméra nous montre les protagonistes. On voit leurs visages : la femme a environ trente-cinq ans et l’homme quarante. Ils ont des rides, ils font plus âgés que leur âge. Ils semblent être fatigués. Ils préparent le dîner.

Ils demeurent en silence. Puis, tout d’un coup, le jeu commence, sans avis préalable et comme s’ils recommençaient quelque chose interrompue. Aucun d’eux ne s’étonne pas de ce commencement abrupt, au contraire ils paraissent y être habitués.

Ils jouent un jeu appelé Memory Test, dont l’objectif est de savoir par cœur des événements, des donnés, et même des extraits de lois en vigueur. Puis, on récite ce qu’on a apprend dans des réunions dont le but est d’évaluer la mémoire.

Il y a un programme fixe. Nous ne connaissons pas les règles qu´ils établissent. Tout ce qu’on sait est que « tout fait partie du test ».

Dans cette première réunion, on voit la femme qui démarre avec le récit d’un extrait d’une loi. L’homme joue le rôle d’examinateur, d’inquisiteur. Il détermine si les réponses de la femme sont correctes ou non. Mais en même temps, lorsqu’elle ajoute des commentaires personnels, émerveillée par ses connaissances, il la tranche. Lui, tout ce qu´il veut est qu’elle donne une réponse satisfaisante et pertinente à la question posée.

Ils jouent car ils ont peur. Ils savent qu’ils sont en train de perdre la mémoire et ils croient qu’en essayant de se rappeler choses, n’importent lesquelles, voire des banalités, ils ne vont pas oublier, ni les banalités, moins encore les événements fondamentaux de leurs vies. Au moyen de ce test, leur identité est en jeu: ce qui sont, ce qu’ils font. Pourtant, on ne le saura jamais.

Ils tâchent de retenir le temps pour qu’il ne s’en échappe pas. Parce que perdre la mémoire signifie une victoire du temps, car il ravage ce qu’on ne veut pas oublier. Voilà pourquoi, même si on voit le temps s’écouler grâce aux changements d’ espaces et aux scènes pendant le jour et le soir, pour les personnages le temps ne s’est pas écoulé. Ou plutôt il paraît qu’ils ne veulent pas s’en rendre compte.

Ils continuent plongés dans des situations qui ont eu un dénouement dans le passé (closes). Pour eux celles-ci se déroulent encore dans le présent. Il y a une rupture tranchante entre la logique temporelle qu’on voit et celle éprouvée par les personnages. Par exemple, dans une scène qui se passe pendant le soir, en intérieur, l’Homme demande à la Femme si elle se rappelle la date de son anniversaire ; elle ne s’en souvient pas, donc l’Homme s’offense. Dans la scène suivante, il fait jour et ils sont en extérieur. Elle s’excuse de son oubli, comme si elle venait de commettre l’erreur. Et lui, il continue fâché comme si ça venait de se passer. Ainsi, le passé devient présent.

Ils s’efforcent de ne pas perdre la mémoire, ce qui leur rend physique et moralement fatigués. Voilà pourquoi on les voit épuisés et les disputes sont plus fréquentes.

Bien qu’ils ne se rendent pas compte de la sévérité de leur problème, le fantôme de la perte de mémoire les survole tout le temps. Ce fantôme non seulement les terrifie, mais il les fait aussi s’affronter.

Au fur et à mesure que le temps s’écoule, les questions du Memory Test deviennent chaque fois plus intimes. Ainsi, ils entrent dans une zone douloureuse pour les deux puisqu’ils ne peuvent se lier qu’ à travers le jeu. Désormais, cela menacera la continuité du jeu.

Présentations

On voit l’homme et la femme dans la cuisine, en train de manger. Ils continuent avec le test. Pendant que la femme récite, l’image change et on voit une terrasse vide (futur témoin d’une réunion). Sur cette toile de fond, les titres du début du film apparaissent. L’image a lieu de nouveau à la cuisine, les deux mangent encore, et le dialogue continue. Puis, l’image se fonde à un jardin désert. Le son disparaît. Les titres continuent. On retrouve les personnages à la cuisine encore en jouant et en mangeant. Fondu enchaîné à l’image des rues proches du stade de Ferrocarril Oeste.

On voit de nouveau les personnages dans la cuisine. Puis, des images de deux salons différents, d’une bibliothèque et d’un parc du centre de la ville apparaissent. Sur elles on voit plus de titres.

Toits voisins.

On est sur une terrasse. C’est le crépuscule. L’homme rince les vêtements dans un évier. Il veut que sa femme l’aide. Comme elle est occupée à assembler une maquette avec la forme d’un dinosaure, elle ne lui prête pas attention. Il étend le linge sur des cordes. En même temps ils jouent encore le jeu. Après, ils font une pause. Il s’assied par terre, perdu dans ses pensées. Il observe les toits. On voit les mains de la femme, elle essaye d’assembler la maquette du dinosaure. Ils renouent le jeu. Le soleil se couche.

Parc du centre de la ville

Maintenant la coloration est bleuâtre. On voit un parc du centre de la ville. Il fait du vent et le ciel est nuageux. Il paraît qu’il va pleuvoir. Le parc a des trottoirs en diagonal qui aboutissent au milieu, où il y a un monument. L’homme et la femme marchent sur le même trottoir mais dans le sens contraire. Ils se croisent à la hauteur du monument mais ils ne se regardent presque pas. Ils ne se reconnaissent pas. Ils poursuivent leur chemin en pressant le pas.

Jeu de dames chinoises

On voit les personnages dans une cuisine différente de celle de la première réunion. (On ne sait jamais à qui est la maison où ils sont, mais ce qu’on aperçoit c’est qu’ elle n’est pas à eux).

Ils jouent aux jeux de dames chinoises pendant qu’ils se soumettent au test. Par moments ils regardent autour d’eux, en essayant de se familiariser avec ce lieu qui leur semble étrange. Elle ne cesse pas de fumer. À un moment donné il la critique parce qu’elle fume trop. De mauvaise humeur, elle se dirige vers une autre pièce pour se servir un pot. L’homme la suit. Ils sont dans un salon où il y a des photos et des portraits, mais d´autrui.

L’Homme demande à la Femme la date de son anniversaire. À son tour, elle lui demande si cette question fait partie du test. L’Homme répond que tout fait partie du test. La Femme affirme qu’elle ne s’en souvient pas. Il se tait, offensé à cause de l’oubli de la Femme.

Musique orientale 1

On voit l’homme et la femme dans un jardin en train de pratiquer Tai-chi-chuan. Le jardin est grand, les herbes sont hautes. Quelques plantes grimpantes et un ou deux rosiers poussent contre un mur à briques brunes.

On entend une musique orientale provenant d’un magnétophone. L’Homme et la Femme ont les pieds nus. Ils continuent avec le test et à la fois ils pratiquent Tai-chi-chuan. L’ambiance est dense : l’homme est encore fâché parce que la femme a oublié la date de son anniversaire. Voilà pourquoi il propose d’arrêter le jeu. Elle s’inquiète et veut qu’il lui assure la poursuite des réunions, mais n’obtenant pas cette confirmation, elle se fâche.

Tournoi d’échecs

Ils sont dans un salon où il y a une bibliothèque pleine de livres. Il y a aussi une table basse avec des boissons et un bureau avec une machine à écrire. Ils jouent une partie d’échecs, assis à une table. Les deux entrent en concurrence férocement. Il est à noter qu’ils sont fâchés. Pourtant ils parlent des choses quotidiennes : il l’invite au cinéma. Mais cette invitation est teintée de la colère qu´ils ont l´un envers l´autre.

À un moment donné l’homme oublie tout à fait quelque chose qu’ avant il ait énoncé d’une manière fluide. La femme s’en rend compte et ne laisse pas passer ce détail. Elle remarque subtilement que ce genre d’oublis n’est pas normal. Il essaye de cacher sa préoccupation mais reste offensé à cause du commentaire de la femme.

Dans cet épisode le lent, subtil mais irréversible processus de perte de mémoire que tous les deux subissent se manifeste. Même s´il essaye de le cacher sournoisement, non seulement l’ennui mais aussi la panique s´emparent de lui.

Parc du centre de la ville

L’image montre le parc du centre de la ville. La coloration est de nouveau bleuâtre. Ils marchent dans le sens contraire. Ils se croisent presque au milieu de la place. Ils se regardent. Cette fois-ci ils se reconnaissent, ils se sourient et se saluent avec un baiser sur la joue. Ils parlent, il y a suppression du son du dialogue, mais on entend l’ambiance sonore.

Puis ils se séparent et chacun poursuit son chemin. Le jour tombe.

Musique orientale 2

On voit le même jardin. Ils pratiquent de nouveau Tai-Chi-Chuan. Ils le font à un rythme lent mais constant. À chaque question du test il correspond un mouvement expansif ; à chaque réponse de la femme, un mouvement de repli.

Superstition

Ils sont dans la même cuisine du début. La femme adopte un rôle dominant et récit l’horoscope du signe du zodiaque de l’homme. Il se dérange car il croit à une étrange superstition qui consiste à ne pas connaître l’avenir. Il lui demande de s’arrêter mais elle continue sans lui prêter attention. Lorsqu’elle finit, elle se rend compte de ce que l’homme n’a pas aimé ce qu’elle a fait. Elle s’excuse en disant qu’elle ne connaissait pas son signe du zodiaque. Ils discutent si l’horoscope fait partie ou non du test. Elle est pour et il est contre.

Ils font ressortir les règles ou un programme supposé du jeu. Selon ce programme, la lecture de l’horoscope en fait partie valable du test.

Tous les deux se fâchent.

Argentinos Juniors

On voit le stade de football de l´équipe Argentinos Juniors. L’homme et la femme marchent dans les rues proches du stade.

La tension entre eux s’accroît. L’homme suggère donc de finir les réunions car elles ne sont plus nécessaires. La femme ne voit pas la raison et elle ne veut pas l’accepter.

Horoscope

On voit l’homme et la femme dans le jardin. Ils sont allongés sur l’herbe, tout près l’un de l’autre. Elle prépare du « mate ». Il est câlin avec elle, et caresse ses cheveux. Elle est aussi tendre avec lui. Ils bavardent tranquillement. Le ton de la lumière est chaud. C’est un jour ensoleillé, il y a un air de printemps.

Malgré sa superstition, il veut connaître l’horoscope de la femme. Elle hésite, mais finalement accepte de le lui dire. Elle récite jusqu’à la partie où l’on fait référence aux prédictions du cœur. Elles sont ambiguës. L’homme craint qu’elles ne parlent d’eux. La femme en craint aussi. Le climat devient abominable. Tous les deux sont inquiets de leur avenir en commun.

C’est à ce moment là où l’idée d’un lien amoureux entre eux se pose pour la première fois (et d’une manière subreptice). Avant, la relation avait été tout à fait ambiguë. Ils n’ont pas une vie sociale. Ils ne se fréquentent pas et on ne peut pas dire qu’ils sont des amis ou des amants. Toutes leurs activités en commun sont régisses par le jeu, voire le fait d’ étendre le linge sur les cordes ou préparer le dîner. C´est pour ça que, parfois, l’homme veut finir le test. Il a l’air même d’en avoir assez. Cependant il est indispensable de continuer avec le jeu parce que c’est à travers lui qu’ils peuvent établir un lien entre eux.

L’ambiance amoureuse qui s’installe maintenant, produit un contrepoint aux réunions, dans lesquelles leurs contacts sont au moyen du test. Mais l’horoscope final avec son ’inquiétante prédiction, fait penser que ce nouveau lien va être marqué par la routine, ce qui entraînera la fin.

Anecdote

On voit une cour. Il fait nuit. Un réverbère éclaire un secteur de la scène. La lumière est orange. L’homme et la femme sont assis à une table, en finissant le dîner. Ils sont élégants. Elle porte une longue robe noire, et lui, une chemise bleue, un veston et un pantalon gris. Ils sont charmants.

L’homme sort un magnétophone de journaliste de son sac. Elle commence à raconter une anecdote. L’homme enregistre à voix basse les corrections techniques qu’il fait aux paroles de la femme.

Après de raconter l’anecdote, la femme lui demande son avis sur son récit. Il dit que l’exposé a été « pertinent ». Ce mot la gène beaucoup (même le fait qu’il la considère simplement pertinente). Offensée, la femme se met debout et sort. L’homme la suit.

Dans la salle de bains elle se lave les dents ; depuis le couloir, il s’excuse. Il parle mais elle ne lui répond pas. Il insiste sur ses excuses mais n’obtient qu’un silence manifeste. Elle ne le regarde même pas. Elle l’ignore complètement.

La femme le quitte et il reste en parlant tout seul.

Belgrano Athletic, c’est un club de rugby

L’homme la suit. Elle va vers la bibliothèque et se sert un verre de whisky.

La tension continue.

La femme trouve le magnétophone de l’homme et le prend. Il ne veut pas le lui prêter : il lui dit que c’est un appareil fragile. Elle n’y fait pas attention et joue avec l’appareil. Ils se disputent.

À un moment donné la femme veut enregistrer une partie de la conversation sur la bande vide de la cassette. L’homme ment (il lui dit que la bande est finie). Elle ne lui croit pas. La dispute devient chaque fois plus hostile. De toute façon elle décide d´utiliser le magnéto, mais elle se rend compte de ce qu’il a enlevé les piles. La femme veut qu’il lui raconte ce qu’il y avait enregistré. Il refuse à mainte reprises, donc elle se fâche. Le silence revient.

L’homme veut renouer le jeu mais c’est elle maintenant qui décide de le laisser tomber : s’il ne lui dit pas ce qu’il a enregistré sur le côté B de la bande, elle ne joue plus. Il s’inquiète mais il n’y cède pas et essaye de renouer le jeu. Elle ne lui répond pas et allume une cigarette. Elle fume lentement et en silence. Vu ceci, l’homme reconnaît sa faute mais cependant il ne peut pas lui permettre d’écouter le côté B de la bande.

Il y a un silence assez prolongé. Tous les deux sont déçus et profondément frustrés. L’homme s’avoue vaincu.

Plus tard, la femme répond la dernière question du test :

Femme : Est-ce que Belgrano Athletic est un club de rugby ?

Homme : Oui.

Femme : Il a de très bonnes divisions inférieures.

Homme : Oui.

Femme : J’avais un frère qui avait joué jusqu´aux intermédiaires.

Homme : Ah… oui ?

Femme : Oui.

Homme : Et il n’a pas joué en première ?

Femme : Non.

Homme : Pourquoi ?

Femme : Parce qu’il a laissé tomber le rugby pour se consacrer à l’étude.

Homme : Dommage.

Femme : Ouais.

Homme : Je ne sais pas s’il a bien fait.

Femme : Moi non plus.

L’anecdote sur le frère de la femme ajoute une nouvelle déception. Il paraît que leurs vies sont frustrées, que leur mauvais choix les a placés où ils se trouvent maintenant.

Ils pensent qu’ils ont gaspillé leur temps : déjà âgés, ils n’ont pas réussi dans la vie.

Tous les deux décident de finir le jeu. Ce final est très ambiguë : on ne sait pas s’ils ont fini le jeu pour ce jour ou pour toujours.

Un autre horoscope

On les voit de nouveau allongés sur l’herbe. C’est le crépuscule.

C’est une scène antérieure à celle de la fin du jeu. Il y a du silence. Ils regardent le ciel pendant longtemps. Ils commencent à parler. Leurs voix sont tranquilles et calmes. On les voit heureux. Ils parlent des oublis, de la manière facile dont ils oublient les choses, des choses importantes.

Malgré le calme régnant, un climat sombre surgit. Parce que nous savons comment va finir le jeu.

On entend une chanson d’adieux. Ils cherchent d’où elle vient.

Fondu à noir. On commence à voir les génériques.

Après en avoir vu quelques-uns uns la musique s’arrête.

Sans titres au premier plan. On voit des plans courts de personnes de différentes âges, en train de jouer en plein air.

Les génériques recommencent sur un fond noir.

Musique.

FIN

Buenos Aires en 100 palabras (43)

noviembre 18, 2019

¿Qué es una imagen? Se pregunta en definitiva al caminar por las veredas de su barrio y verse abruptamente asaltado por las imágenes de su pasado. Una imagen congelada explica una vida. Del mismo modo en que pueden explicarla la lluvia de otoño. O el olor a tilo de los árboles en primavera. O una puesta de sol larga, lenta y anhelada, sobre el horizonte, contra el mar, en verano.

Buenos Aires en 100 palabras (42)

noviembre 17, 2019

Un atardecer de primavera recorro la escena de mi infancia: la Plaza Martín Fierro. Allí jugaba a la pelota, improvisando arcos con árboles. Allí iba a buscar refugio, en algún momento de confusión o incertidumbre. Allí funcionaron también los talleres de Pietro Vasena. El reclamo de mejoras en las condiciones de trabajo de los obreros de su taller, se transformó en una sangrienta carnicería. Mi plaza debería llamarse “Mártires de la Semana Trágica”. Nada de lo que hoy es ese lugar da cuenta de las terribles matanzas. Toda memoria fue arrasada. Solo permanecen los árboles, los límites de mi arco.

Buenos Aires en 100 palabras (41)

noviembre 12, 2019

¿Qué es una imagen? Te preguntás, en esta época de visuales institucionalizadas en las performances políticas. Una imagen es sobretodo lo que se encuentra en el vacío entre dos imágenes. Lo que está en el medio. Lo que no se alcanza a ver del todo. Lo obnubilado. Lo aburrido. Lo desenfocado. Una imagen es así, pensado de esta forma, una detención. Un congelamiento. Un stop. Un límite. Y en ese detenerse del tiempo y del espacio, en esta fotografía de tu vida, comprendés que se juega, por ejemplo, la metonimia. Una imagen congelada, una existencia explicada.

Buenos Aires en 100 palabras (40)

noviembre 10, 2019

Lee “El Castillo” en la avenida de una ciudad que atraviesa los oscuros callejones de una convertibilidad instalada por ley. Sus noches transcurren entre bares y librerías. En una de ellas compra la novela del Checo Loco, amante de las burlas burocráticas. Cada baldosa de las veredas que patea es un derecho a efectuar en el presente los posibles que no llegaron a realizarse en el pasado. Un retorno hacia ese tiempo terminado. Hacia la Europa del este de principios de siglo. Hacia aquella ciudad de los años noventa, perdida en una bruma nocturna, en medio de una deriva interminable.

MIGRATIONS (An essay play)

noviembre 2, 2019

by Maximiliano de la Puente

All that is sacred in human beings is the non-personal that is within them. Everything that is impersonal in human beings is sacred, and nothing else.”

Simone Weil

Beginning

NARRATOR: We find ourselves in a kind of abandoned hospital, one that, a long time ago, was used as a hotel for immigrants and refugee camp. It is a huge and empty space. The walls, covered by big stains of mould and damp patches, are almost completely cracked, making it impossible to know which were the original colours they were painted with. If they had ever, at some time, were painted. At first sight, we notice that the place has two levels: a kind of floor and first floor, where we see a series of corridors and big curved openings, similar to the boxes of the old opera houses, from which light beams emanate, lighting certain areas but leaving others hidden, leaving a great part of the place in the dark. The floor, which originally was wooden, shows marked uneven levels. The great majority of the wooden blocks are sunk. Others are broken by halves. The remaining worm-eaten pieces of wood, in a state of putrefaction, are located everywhere. We are at night, it is very late. We don’t see anyone, but we can hear the dripping sounds of water running through the pipes, the wood of the floor creaking, swollen by the humidity of the foundations, and some small animals, specially rodents and cockroaches, going from one place to the other.

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Buenos Aires en 100 palabras (38)

noviembre 2, 2019

Hay un momento que es como un relámpago en un instante de peligro: es el momento insurreccional. O revolucionario. O de desobediencia civil. Llamalo como quieras. Es un rato nomás, te decís. Inmediatamente después vuelve la normalidad, el agachar la cabeza. Llevás a flor de piel la docilidad en tu cuerpo, en tu lenguaje, en tu rostro. Estás tan entusiasmado que me dio pena y vergüenza decirte que no va a durar. Ya vendrán los forros de siempre a encauzarlo todo. Entonces te dije: disfrutá este gesto performático ahora. Justo un instante antes de que se institucionalice para siempre.

Buenos Aires en 100 palabras (37)

noviembre 1, 2019

¿Qué es una imagen? Se pregunta, en esta época de afiches políticos en las esquinas. No es una gramática. No es un conjunto de planos, encuadres o secuencias. Una imagen no es el producto de un montaje. Una imagen es el resultado de recortes de afecto: imágenes afecciones, a veces dolientes. En otras, gozosas. Una imagen es un fragmento de memoria almacenado al azar, en la deriva de los pensamientos. Es sensorialidad que lo asalta en cualquier momento y que no lo suelta más. Es también el pasaje entre generaciones. Es el mito que pervive de lo que le aconteció.

Buenos Aires en 100 palabras (35)

octubre 25, 2019

El gobierno decide aumentar el costo del transporte público. Casi simultáneamente empieza la manifestación. La acción de desobediencia civil. Personas de todas las edades y condiciones socioeconómicas deciden dejar de pagar. Saltan colectivamente molinetes, suben masivamente haciendo caso omiso a las máquinas de pago electrónicas. Las instituciones colapsan. Todo se desmorona. El reclamo por el boleto del transporte público se convierte en una revolución imparable por las miserables condiciones de vida. El presidente decide que el ejército cope la parada, tome las calles, desbarate la revuelta. Justo un segundo antes de que una bomba molotov le estalle en la cara.

Buenos Aires en 100 palabras (34)

octubre 24, 2019

Un mediodía lluvioso decide ir a “Las mil y una noches”. Shawarma, arroz persa, babaganush, keppe, tabule. Las delicias de Medio Oriente a un paso de la (ex) avenida que nunca duerme. Hoy arrasada tras crisis y devaluaciones varias. Una familia de egipcios maneja el lugar. Los principales clientes: los trabajadores de la zona. Hace un alto y descansa de una jornada que promete ser agotadora. Piensa en todas las otras veces en que estuvo ahí. Rememora. Revive esos instantes en su piel. Siente escalofríos: alguna vez quiso ir allí con su mamá.